Les nuits et les jours de Querbes
Les nuits et les jours de Querbes
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2009

par Alex (vendredi 5 novembre 2010)

Thème de l’édition 2009 : Un monde créole ?

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2009

Des îles américaines, des peuples venus d’Afrique, d’Asie et d’Europe, une histoire marquée par la souffrance du colonialisme, puis de la dépendance économique et politique, des paysages de paradis ravagés régulièrement par le dieu Ouragan… et le miracle – si le miracle existe – d’une culture neuve, dont la plus belle flamboyance est celle d’une littérature aux voix multiples mais marquée d’une tonalité particulière, identifiable entre toutes : cette « créolité » revendiquée ou rejetée est-elle une exception, aux marges extrêmes d’une histoire européenne, ou est-elle au contraire comme le poste avancé d’un monde en lente transformation sous nos propres pas ? Peut-on parler, pour demain, sur le modèle de la littérature, d’un monde créole ? Questions que nous explorerons, en compagnie d’écrivains et d’artistes originaires ou vivants aux Caraïbes, à Querbes, dans les granges ou à l’ombre des murets, un verre de bière ou de Marcillac à la main, au cours de débats ou de simples promenades, les 7, 8 et 9 août prochain.

Les meilleurs moments de l’édition 2009 :

Concert du trio : The Afro Caribbean Project de Noël McGhie le 09/08/09 avec : Mimi Lorenzini (guitare), Jean-Luc Ponthieux (basse), invité Steve Potts. Une video de Wanda Nicot

Pour mémoire : tout le programme 2009 :

C’était le 31 janvier 2009

  • Littérature derrière les fagots : Rencontre autour du cantou avec Michel Besnier, Gilles Debecdelièvre, Henri Robert

C’était le 31 octobre 2009

  • Rencontre au coin du cantou : Rencontre avec le jeune mais talentueux romancier algérien Salim Bachi, auteur de cinq romans publiés chez Gallimard et le saxophoniste Jean-Marc Padovani. Le comédien Ali Guentas ouvrit la soirée par la lecture passionnée d’un extrait de « Tuez-les tous ! », court roman qui raconte la dernière journée d’un des terroristes du 11 Septembre à New-York - personnage ordinaire, nourri de désespoir et de haine, qui pourrait sortir d’un des deux premiers roman de Salim Bachi, « Le Chien d’Ulyssse » ou La Kahéna ».

Trois jours en août

Vendredi 7 août 2009

  • 17h30 Figeac, Place de la lecture : Littérature (et dîner) sous les lampions
    • Présentation des auteurs présents : Gisèle Pineau, Daniel Maximin, Ernest Pépin, Margot Marguerite
    • Lectures de courts extraits des oeuvres par Jean-Luc Debattice, François Cancelli et Henri Robert
    • Avec le Mambo Bidon Steel Band
  • 21h30 Figeac, salle : Concert public
    • le Mambo Bidon Steel Band
    • Cie 1er mars (Agnès Pancrassin et Julie Barbier)

Ce concert est programmé dans le cadre des Estivales de Figeac ; en partenariat avec Le Livre en Fête et le Centre Culturel de Figeac

Samedi 8 août 2009

  • 11h Decazeville, La Découverte : « Au dessus du volcan ! » Textes d’Aimé Césaire, Jacques Roumain, Léon-Gontrand Damas, Guy Tirolien lus par Jean-Luc Debattice, François Cancelli et Henri Robert
    • Avec le Mambo Bidon Steel Band
  • 16h Querbes ancienne étable : Rencontre débat : Martinique, Guadeloupe, une nation sans Etat ? Lectures de François Cancelli
  • 20h Querbes : Dîner sous les lampions, le cochon pirate
  • 21h30 Querbes : Concert dans la grange : Connivences Alain Jean-Marie / Daniel Maximin
  • 23h30 Querbes : Cabaret Jazz : Benoît Berthe Quartet

Dimanche 9 août 2009

  • 11h Capdenac Halles du marché : « L’intraitable beauté du monde » d’Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau Concert-lecture avec Steve Potts , Jean-Luc Debattice et François Cancelli
  • 12h30 Capdenac, berges du Lot : Traversée et pique-nique en l’île
  • 16h Querbes, ancienne étable : Rencontre débat Vers un monde créole ? Lectures de Jean-Luc Debattice
  • 19h Querbes : Concert dans les arbres : Trio McGhie (Noël McGhie, Mimi Lorenzini, Jean-Luc Ponthieu)
  • 20h Querbes : Dîner sous les lampions
  • 23h30 Querbes : Cabaret Jazz : Trio McGhie (Noël McGhie, Mimi Lorenzini, Jean-Luc Ponthieu) + Steve Potts (special guest)

Musiciens

Né à la Jamaïque où tout le monde dès son plus jeune âge apprend à jouer de la musique et à fabriquer des instruments, Noel Mc Ghie quitte ce pays en 1962 et s’installe en Angleterre. Il joue du blues, de la soul, du jazz… Il écoute Monk, Max Roach, Roy Haynes, Philly Joe Jones, Joe Morello et découvre John Coltrane…. beine plus tard, il enseignera la batterie à Paris et jouera avec les plus grands ; il collabore aujourd’hui notamment avec Bobby Few Trio et François Tusques.

Né le 21 janvier 1943 à Colombus, Ohio, Steve Potts vient d’une famille très mélomane. Dès son plus jeune âge, il est fasciné par le saxophone après avoir entendu jouer son cousin, Buddy Tate, saxophoniste dans l’orchestre de Count Basie. Plus tard à Los Angeles, il apprend la musique avec Charles Lloyd, parallèlement à ses études d’architecture. Il s’établit ensuite à New York où il poursuit son éducation musicale auprès d’Eric Dolphy. Il rencontre Ron Carter avec qui il devient ami. Il côtoie Coltrane, Jimmy Garrison, Tony Williamsn, Herbie Hancock, Chick Corea, Larry Coryell et Wayne Shorter. Il joue avec Roy Ayers, Richard Davis, Joe Henderson, Reggie Workman et Chico Hamilton avec qui il travaille pendant quatre ans…..

Jazz on biguine : David Fackeure (piano), Xavier Richardeau (saxo baryton), David Gore (batterie), Silvio Marie (basse)

C’est peut-être une banalité de le dire mais il n’est pas inutile de le répéter : la musique – de jazz en particulier – est une histoire de rencontres, d’échanges, d’amitié. Le chemin de la création est un itinéraire sans fin pour se bâtir un monde intérieur et trouver le langage universel pour l’exprimer : celui par lequel les émotions les plus insaisissables prennent l’évidence la plus limpide. Tous les musiciens, artistes parmi les autres, ont en commun cette quête et n’ont de cesse de l’accomplir en confrontant et réunissant leurs expériences. Le nouveau disque “Jazz on Biguine” du pianiste David Fackeure est bien l’illustration de cette idée.

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Laurent Guitton

Laurent Guitton débute la musique à 14 ans et s’oriente rapidement vers le tuba, pour lequel il obtient une médaille d’or au Conservatoire de Toulouse, un premier prix de musique de chambre au Conservatoire National de Musique de Paris en 93, ainsi qu’un premier prix de tuba en 95. Il utilise depuis toutes les facettes de son instrument pour jouer dans des styles aussi variés que le classique (quintette de cuivres, quatuor de tubas, orchestres symphoniques), le jazz (groupe ‘‘New-Orleans’’, jazz moderne : Sardana Jazz de Michel Marre) et la musique populaire (Amnestoy Trio). Il collabore aussi avec le théâtre et la danse : il a participé à la création d’un spectacle de la Compagnie Taffanel en 2000 avec Jean-Marie Machado et François Merville ainsi qu’à la création musicale de ‘‘Faut pas payer’’, pièce de théâtre mise en scène par Jacques Nichet du (TNT de Toulouse) en 2005. Il joue également régulièrement au sein de l’ensemble Dézoriental.

Alain Jean Marie Né en 1945 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, Alain Jean-Marie apprend le piano en autodidacte dès l’âge de huit ans. Il fait ses débuts professionnels dans les bals en Guadeloupe reproduisant le répertoire local sur son clavier : biguine, latin jazz, salsa, cha cha. Installé à Paris en 1973, il accompagne régulièrement les plus grands : Chet Baker, Sonny Stitt, Art Farmer, Johnny Griffin, Lee Konitz, Bill Coleman, Max Roach, Christian Escoudé…

Il reste aujourd’hui un accompagnateur recherché quand il ne se produit pas en trio pour ses Biguines reflections, ou avec Mario Cannonge.

Homme réservé c’est à son clavier qu’il exprime le mieux sa personnalité avec un jeu chaleureux et subtil mêlant les diverses influences qui font sa culture, toujours attentif à ses compagnons du moment.

Alain Jean-Marie allie définitivement les mélodies créoles au jazz américain

Benoit Berthe QuartetBenoit Berthe (saxophone) forme avec Jean Kapsa (piano), Zacharie Abraham (contrebasse) et Nicolas Charlier (batterie) un quartet de jeunes (ils ont entre 20 et 22 ans) prodiges du jazz. Formés au Centre des Musiques de Didier Lockwood à Dammarie-les-lys(77), ils font partie de la génération montante du Jazz Français.


Écrivains

Cette année, les écrivains présents en août étaient :

JPEGGisèle Pineau Ecrivaine guadeloupéenne, Gisèle Pineau est proche du mouvement littéraire de la créolité. Avec sa plume, elle paufine des portraits de femmes en souffrance, comme autant d’hommages rendus à leur condition.

Morne Capresse, 2008, Mercure

Au sommet du Morne Câpresse, dans un véritable jardin d’Eden, vit la mystérieuse Congrégation des Filles de Cham. Dirigée par la sœur Pacôme, la communauté recueille des femmes blessées par la vie : meurtrières, droguées, prostituées… Soumises à une hiérarchie inflexible, des dizaines d’adeptes œuvrent pour panser les plaies de ces filles perdues et faire respecter des rites stricts. C’est en désespoir de cause que Line, à la recherche de sa sœur disparue Mylène, grimpe sur le Morne et s’adresse aux Filles de Cham : mais ses questions gênantes perturbent le bel ordonnancement. Derrière les apparences idylliques, ces femmes cacheraient-elles quelques lourds secrets ?

Margot D Marguerite Scénariste et comédien, ancien membre du cirque Archaos Margot D. Marguerite vit sur le Causse de Gramat. La vielle dame qui ne voulait pas mourir avant de l’avoir refait, 2009, La Manufacture de livres, est son premier roman, une histoire de vengeance …

Gangsters tourmentés, policiers calculateurs, tueurs sans foi et religieux sans loi n’estimaient pas devoir craindre une vieille dame. Après ce qu’ils lui avaient fait subir, ils avaient tort. Car sa vie était plus longue et plus riche que la leur, ses amitiés plus solides, son esprit plus subtil, sa souffrance et sa soif de vengeance plus terribles.

Daniel Maximin Né à la Guadeloupe, il s’installe en France métropolitaine en 1960. Poète, romancier et essayiste, il est l’auteur d’une trilogie romanesque (L’Isolé Soleil, Le Seuil, 1981, Soufrières, Le Seuil, 1987 et L’île et une nuit, Le Seuil, 1996), ainsi que d’un recueil de poèmes, L’Invention des désidérades (Présence africaine, 2000), pour lequel il reçoit le prix Arc-en-ciel 2000. Il publie en avril 2004 Sinon l’enfance, dans la collection "Haute enfance" des éditions Gallimard.

Tu, c’est l’enfance, 2006

" Ton île, j’ai su un jour qu’elle n’était pas enracinée, ni fichée en terre, mais qu’elle était bien ancrée. Ancrée on ne voit pas au juste à quoi, ni sous l’eau ni sur terre en tout cas, mais sûrement à ses îles sœurs en archipel, peut-être aussi au feu des volcans sous-marins. Une petite embarcation orpheline de terre et mer, sans cales ni voilures, chargée d’une cargaison de fruits nourris de sèves recomposées. Non pas échouée comme une épave, ni dérivante comme un radeau ivre, non pas tranquille à l’ancre de flaches ou d’anses calmes, ni mollement ballottée à l’espère, ou prisonnière au lasso des tempêtes. Mais solidement ancrée. Ton île, telle une barque dans la tempête, je l’ai sentie brusquement frémir, tanguer, osciller, danser, prête à dérader, brusquement charroyée sur une mer sans eau. Le jour du grand tremblement de terre, celui dont je sens toujours vibrer sous mes pieds le souvenir, dans la maison de notre enfance. "

Ernest Pépin Né en 1950 au Lamentin (Guadeloupe), Ernest Pépin est l’auteur d’une œuvre poétique et romanesque qui sonde avec bonheur la complexité de la réalité de la Caraïbe : L’Homme-au-Bâton (Gallimard, 1992, prix des Caraïbes), Tambour-Babel (Gallimard, 1996, prix RFO du livre), Le Tango de la haine (Gallimard, 1999, prix du Livre insulaire). Avec Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant et Jean Bernabé, il est l’une des figures majeures de la littérature caribéenne.

Tambour-Babel

En Guadeloupe, le lewoz est un rassemblement de joueurs de tambour virtuoses. Les "tanbouyès", comme on les appelle, font résonner leurs instruments toute la nuit. Ils sont alors les grands prêtres de la mémoire collective. En s’inspirant de cette tradition héritée de l’Afrique, tour à tour préservée et enrichie par les descendants des esclaves, l’auteur retrace l’épopée d’un peuple qui a su convertir sa souffrance initiale en chant de vie, de résistance et d’espoir. Ce roman inspiré et baroque transforme la langue français en musique créole. Loin d’enfermer, les rites et les rythmes du lewoz s’adressent à toute l’humanité avec la générosité de ceux qui savent que les cultures sont comme une main tendue… Le lecteur de Tambour-Babel est convié à une cérémonie initiatique où les tambours créent "une langue pour remplacer toutes les langues".

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& en novembre 2009, rendez-vous avec Patrick Chamoiseau pour A bout d’enfance, 2004, Gallimard.


Comédiens, danseurs, lecteurs et plasticiens

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La Cie 1er Mars est le fruit d’une rencontre entre deux danseuses, Agnès Pancrassin et Julie Barbier et de leur envie de confronter leurs regards pour trouver une matière chorégraphique commune.


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François Cancelli

François Cancelli, né en Moselle en 1958, est comédien et metteur en scène.


Né en Champagne,

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William Noblet

William Noblet, scénographe, est un ancien élève des Arts appliqués.


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Jean-Luc Debattice

Jean-Luc Debattice est né en 1947 à Liège. Comédien et auteur-compositeur-interprète, il a travaillé en Belgique, Suisse et en France.

 

Querbes

Quand les prairies auront sorti leur robe d’été

Quand les ombres auront guéri les mains de l’arbre aux rêves

Quand les pierres sèmeront les rides d’une maison ancienne

Quand l’oiseau dessinera un tourbillon d’ailes

Quand nous ressemblerons au chant du figuier

Quand nous dirons le vin

La musique

La poésie

Quand les langues viendront fêter l’univers

Querbes

Querbes aura nourri les mots

Composé une musique de rivières

Allumé un festival

Avec le feu du monde.

Ernest Pépin

Querbes, 6 août 2009

Ernest Pépin

Querbes, 6 août 2009

Page mise à jour le : 20 août 2009.

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