Les nuits et les jours de Querbes
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par Alex (lundi 12 novembre 2012)

Aller à Querbes

Asprières. Querbes. Suivant la pente remontante, ou , si l’on préfère, selon l’étymologie, et en passant sans transitions des hauteurs rocailleuses du premier nom aux aspérités non moins acerbes du second, j’ai d’abord songé à une montée, pénible forcemént, dans la pierre et sous la canicule. À l’ascension programmée d’un mont purgatoire. À une plongée, vertigineuse, dans le temps, comme promis encore par la publicité, dépliée par hasard, pour Peyrusse-le-roc. Selon l’étymologie, disais-je, l’étymologie remotivante, la seule au fond qui me motive, cela devait ressembler à un chemin de croix. L’épreuve devait donc me grandir. Déjà je me sentais pousser des ailes. Au moins des ailes de corbeau. Le seul animal capable, avec le choucas, d’élire pareille solitude. D’habiter ainsi son nom.

Cette pente est devenue manie. Avant d’aller à Querbes, avant de le trouver sur la carte, avant de songer à le chercher, je me demande d’où ça peut bien venir, Querbes, de quel mot latin. Je pense à un quadrivium, au "croisement de quatre voies". Il doit sûrement y avoir une voie romaine qui passe par là, qui en coupe d’autres.

Et puis il y aurait quelque logique à établir là un festival qui se présente comme un carrefour, où se rencontrent des arts, des créateurs qui d’ordinaire s’ignorent ou tout simplement ne se connaissent pas.

Étymologie hautement improbable, et qui me conduit à orienter ailleurs mes recherches, vers le chanvre, la plante textile qui était fort cultivée au Moyen Age et dans ces régions. Chez moi, en Charente, il y a un Cherves qui vient de là : de cannabis. L’étymologie est tout aussi séduisante, et je m’y fourvoie avec bonheur.

Du textile au texte, il n’y a qu’un pas, un mot, il suffit de l’écrire. C’est ce que nous ferons les jours et les nuits de Querbes. En buvant du vin (de Marcillac, et ce ne sera pas de la limonade !). Sous les étoiles. Nous parlerons du temps, et ce sera comme un rêve.

Comme dans les rêves. Où le temps se trouve projeté dans l’espace. Transformé en espace. Ce sera ça, Querbes, un espace de trois jours. Un espace devenant lieu à mesure qu’on l’habite. Des collines s’arrachant au brouillard et qui parle d’Italie…"

Denis Montebello, 2000

Page mise à jour le : 30 novembre 2007.

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